Edition 2009

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jeudi 29 octobre 2009

CAMEL ZEKRI, ARTISTE ASSOCIE

"Etre coupé de ses racines, c'est un peu comme être élevé par un seul de ses parents"

Camel Zekri, artiste associé

Pour comprendre Camel Zekri, il faut regarder ses deux faces. La guitare, Camel Zekri a commencé à l’apprendre en famille, en Algérie. Tout le monde jouait le diwan, musique composée de chants et de percussions. « Tout le monde pouvait participer, il n’y avait pas de jugement. Cela m’a appris l’endurance : on jouait parfois toute la nuit ». Parti pour la France, c’est ensuite au conservatoire qu’il poursuit son apprentissage : « C’est un travail précis, rigoureux et personnel. Je m’en sers tous les jours. » Lorsque pour le festival, il vient dans le 93 à la rencontre de jeunes de toutes les origines, il constate sa chance d’avoir eu la musique pour cultiver sa double origine. « Je ne me suis jamais posé de questions sur mon identité. Ici, certains enfants sont coupés de leurs racines, et je vois les dégâts que ça fait parfois. C’est un peu comme être élevé par un seul de ses parents ». Ce qui lui donne une raison supplémentaire de vouloir casser les murs qui freinent les échanges culturels. Notamment en organisant des concerts. Mais face aux difficultés administratives pour obtenir les visas, le guitariste s’indigne. Il lui a parfois fallu une année d’efforts pour justifier de la venue de musiciens africains qui voulaient venir travailler en France. « Pourquoi parler de francophonie si on empêche les artistes de venir en France. Ceux que je connais partent tous aux Etats-Unis », rage-t-il. Pour lui, ce genre de difficultés se pose aussi entre pays africains : « Pour me rendre à N’Djamena (Tchad) à partir de Niamey (Niger), j’ai du passé par Paris, j’ai pris douze heures au lieu d’une ! » Mais conscient des liens culturels qui unissent les différents peuples du continent, il s’est engagé à briser les frontières. « Moi, mes chants traditionnels sont dans une langue que je ne comprends plus. » D’anciens esclaves déportés d’Afrique noir, ses ancêtres parlaient le Hejmi. Et c’est allant au Niger que le musicien a appris le sens de ce qu’il chantait.
Décidé à ne pas s’enfermer culturellement, il le prouve au festival puisque qu’il sera en concert avec des musiciens Mozambicains le 15 novembre à Aubervilliers.

Portrait réalisé par Aziz Oguz, Prise Directe
http://prisedirecte-banlieue.typepad.fr/

mercredi 28 octobre 2009

YOANN, AMBASSADEUR & PHOTOGRAPHE

Yoann, ambassadeur

Dans le jargon du festival, Yoann Berdah est ce qu'on appelle un ambassadeur. Comprenez un bénévole qui doit vendre des places de concert, faire connaître le festival par le bouche-à-oreille ou par les réseaux sociaux (facebook, myspace...) et parfois donner un coup de main lors d'un concert ou d'un atelier. Lors de la soirée d'ouverture du festival le 15 octobre, Yohann était ... barman. Dans la vie courante, ce jeune actif combine le métier de photographe (www.lobbiaz.com) et celui d'enseignant dans une école primaire d'Aubervilliers.

En 2008, Maïté Servière, une des programmatrices du festival et fonctionnaire à la mairie, a invité sa classe à Nice pour participer au choeur d'un opéra mandingue. En tout 500 enfants s'y sont produits, sous la direction du musicien Habib Koïté. Tombé sous le charme de sa musique, vous le serez peut-être vous aussi, puisque l'artiste malien se produit pour 3 dates : le 6 novembre avec Kareyce Fotso à Aubervilliers, le 7 novembre à l'Ile-Saint-Denis et le 8 novembre à Montreuil.

Portrait réalisé par Aziz Oguz, Prise Directe
http://prisedirecte-banlieue.typepad.fr/

ALEXANDRA, PLASTICIENNE

« Mon art, c'est de parler de l'art à ceux qui n'en entendent jamais parler »

Alexandre De Bouhellier, plasticienne

Alexandra de Bouhellier est plasticienne, elle anime depuis maintenant 4 ans dans le cadre de Villes des Musiques du Monde un atelier où elle fait se rencontrer des enfants avec certains artistes qu'ils n'auraient pas connu ou entendu sans le festival. « C'est un moyen, dit-elle, de les ouvrir à d'autres cultures. »

La jeune trentenaire n'aime pas se présenter comme une artiste, elle se présente plutôt en conteuse: « mon art c'est de parler d'arts . » Son travail se fait notamment auprès des enfants d'Aubervilliers à qui elle apprend comment représenter la musique de l'artiste. Ils en tirent ensemble une œuvre plastique qu'ils exposent pendant le festival. Elle raconte, par exemple, l'étonnement des enfants lorsqu'ils rencontrent ,en 2008, le rappeur canadien et juif Socalled, qui ressemble plus à Woddy Allen qu'à Booba ou Eminem, aussi doué à l'accordéon qu'aux platines. « ils me disaient qu'il n'était pas rappeur, parce qu'il n'avait pas le look. Il a fallu leur expliquer. »

A Aubervilliers, elle s'attache aussi à apporter un peu de culture aux petits dans le village d'insertion Rom d'Aubervilliers. Là bas, son action est différente : « je travaille aussi avec eux notamment sur la thématique pour qu'ils gardent le lien avec leur culture d'origine, notamment sur la thématique du voyage. » C'est ainsi qu'elle a aidé à organiser un concert d'un groupe de tsiganes turcs dans le village d'insertion qui se tiendra le 15 novembre. Elle en espère la plus belle des récompenses : « les voir avec de la lumière dans les yeux »

Portrait réalisé par Aziz Oguz, Prise Directe
http://prisedirecte-banlieue.typepad.fr/